Comment se passe un entraînement avec Tony Yoka ? Quelles sont les coulisses de « La Conquête » qui rythme les journées du boxeur français ? Immersion lors d’un entraînement au BO Boxing pendant lequel j’ai pu capturer l’instant de L’artiste. Le tout, à l’instinct.

Comment se passe un entraînement avec Tony Yoka ?

La première chose qui m’a frappé quand je suis arrivé pour couvrir ce reportage photo et vidéo : on peut y voir toute une école de la boxe qui prend vie au rythme des uppercuts : on y apprend la détermination, l’abnégation, la persévérance, la ténacité, l’audace, l’entraide, la bienveillance : autant de valeurs capitales pour le club achérois qui vont de pair avec celles de Tony Yoka, membre du club depuis septembre 2019, qui a trouvé une véritable famille où se côtoient boxeurs, boxeuses, amateurs et jeunes talents sur les rings.

Prochainement, c’est toute une exposition de tirage d’art au sein du club (par moi-même, Jonykeym Pictures) qui sera organisée pour vivre une immersion au milieu des combats, de la préparation physique et mentale qu’est celle de la famille du B’O Boxing, fondé en 2011 par Olivier BONINE, ancien boxeur professionnel devenu aujourd’hui entraîneur.

Vous le savez si vous me suivez sur mes réseaux sociaux : je suis un passionné de photographie, mais également de boxe. Et, en tant que photographe professionnel, ma mission est de capter ces moments uniques, particuliers, pendant lesquels l’effort transcende, et amène le sportif à se dépasser. Comment s’y prendre ? Comment assurer un reportage photo sportive ? Quel matériel utiliser ? Je vous dis tout dans la suite de cet article.

Quelles sont les coulisses de « La Conquête »

Chaque mouvement, chaque enchaînement est motivé par un seul instinct : celui de la victoire. C’est ce qu’on ressent quand on assiste à l’entraînement de celui qui reste sur une série de neuf victoires consécutives. Une dixième victoire lui ouvrirait les portes du Top 10 mondial et lui permettrait de continuer d’écrire sa propre légende au milieu des Tyson Fury, Anthony Joshua, Deontay Wilder… Et comme Tony le déclarait sur ses réseaux sociaux :

« En 2021, je veux proposer vraiment de gros combats face à des types qui sont au top sept ou huit mondial » (source : Instagram de Tony Yoka)

Cet épisode 10 s’annonce tout simplement épique. Tout le club du B’O Boxing apportera son soutien sera derrière Tony Yoka et Estelle Mossely. Quel en sera le dénouement ? Réponse sur le ring de Nantes ce vendredi 5 mars !

Bien plus qu’un club, une Famille !

Parmi les grands espoirs du club : les frères du boxeur parisien, Victor Yoka (finaliste du championnat de France en 2018) et Axel Yoka (9ème du championnat du monde junior en 2018) qui s’entraînent également au BO Boxing et partagent un objectif commun avec tous les membres : être chaque jour meilleur que la veille et atteindre les sommets.

Sans oublier, Thierry Ngounda qui a disputé la finale des championnats de France amateurs Hommes 2020. Et que dire de Shanon Touré triple championne de France junior et senior ( 2018-2019-2020) 

Le club nous créerait-il plusieurs champions ?

Comment aborder ce moment ?

Ce n’est pas la première fois que je fais un reportage photo comme celui-ci.

Dès le début, on souhaite ne rien louper, car Tony Yoka est une star mondiale, c’est un champion olympique qui essaie d’avoir un nouveau titre mondial à son palmarès.

Le suivre de près fait prendre conscience du fait que le spectateur lambda ne se rend pas spécialement compte de la charge de travail et du timing très serré d’une telle préparation.

Tout est bien ficelé, programmé et lâcher prise n’est pas une option, pour Tony comme pour ses adversaires. Chaque adversaire s’étudie et se prépare pour partir en guerre.

C’est toute cette atmosphère de détermination, de travail qu’il s’agit de couvrir en photo, de la meilleure des manières possibles.

Comment s’y prendre pour capturer l’effort en photographie ?

Il faut être à l’affut, car en photo, comme en boxe, les coups se déclenchent rapidement. Eux déclenchent des coups, moi je déclenche au shutter, ça part très vite et à une vitesse folle.

L’objectif est de suivre le mouvement, sa vitesse, avec l’appareil photo. De plus, Tony est un boxeur puissant, rapide et pour capturer ses mouvements, il faut être techniquement prêt.  Avoir la bonne vitesse (entre 1 /800 et 1/250 en fonction du DSLR ou hybrid) les bons ISO etc…

Posséder un objectif lumineux n’est pas un luxe c’est une priorité. En effet, les salles de sport sont souvent mal éclairées et si vous n’avez pas un plein format, autant vous dire que çà risque d’être très compliqué.  

Quel matériel utiliser pour un reportage photo événementiel dans une salle de sport ?

Sur ce style de photo, tout dépend de l’espace. J’aime bien prendre mon 16/55 F2.8 lors des échauffements, ce qui laisse aux boxeurs leur intimité et leur permet de se concentrer à 100%.

Avec mon 50/140 F2.8, je tente également du portrait, parce que c’est aussi l’une de mes spécialités. J’ai même l’impression d’être en reportage de mariage (rires)

 Quand j’étais au championnat de France de boxe féminine en 2020, au bord du ring, muni de mon Fujifilm Xt 3 (je l’ai baptisé Tyson) et de mon 23 mm F2, mon idée était de prendre en photo les boxeuses de plein pied, c’était important pour moi. En boxe tout part des orteils en passant par le tronc et jusqu’aux poings.

Pour capter au mieux ces mouvements, on peut considérer qu’il y a deux écoles : les photographes qui vont « mitrailler » à la rafale, pour ne rien louper et sélectionner à postériori le cliché parfait (ce qui demande d’avoir une carte SD avec une bonne capacité de stockage), et il y a ceux qui vont vouloir déclencher leur appareil au bon moment dans l’espoir d’avoir pris le bon cliché en peu de prises.

Personnellement, je préfère tout prendre pour ensuite chercher la photo parfaite, celle qui retranscrit le mieux ce que je souhaite montrer, plutôt que de chercher à déclencher au moment qui semblerait opportun.

En définitive, au-delà du matériel, l’idée est d’avoir le même état d’esprit que les boxeurs quand on prend notre reflex : les boxeurs partent en guerre, et je fais en sorte que chaque cliché soit à l’image de cet état d’esprit.

Remerciements à Fayz Mustapha (Social Media Manager RS) pour avoir co-écrit cet article.