Témoignage d’Emilie

« J’ai ce problème de manque de confiance en moi encore.

Emilie 34 ans maman de deux filles de 9 et 5 ans. Je suis une ancienne obèse qui a eu recours à une chirurgie bariatrique (une sleeve).

Cette chirurgie a pour but de modifier la façon dont les aliments sont absorbés par le système digestif. Elle permet d’avoir une sensation de satiété plus rapide. 

Je suis donc passée d’une taille 52 à un 40. Soit plus de 30 kilos. Impressionnant, n’est ce pas ?

Mon corps a changé très rapidement, cependant je ne me suis pas reconnue dans le miroir.

On m’avait conseillé d’être suivie psychologiquement après l’opération mais j’ai refusé en sous estimant l’impact qu’aurait cette chirurgie sur moi ».

Pour certaines personnes, voir un psychologue c’est être vulnérable et c’est mal vu dans la société et le système actuel…

Au final, Emilie n’a toujours pas confiance en elle et elle subit encore l’image déformée qu’elle a de son corps.

Passionnée de photo, elle s’était autorisée à faire un premier test photo qui l’avait mise en confiance, mais cette fois, elle voulait pousser l’expérience plus loin. Se laisser tenter par la photo de boudoir thérapeutique lui traversait l’esprit.

Pour elle, se prendre en selfie ou faire une shooting portrait ne suffisait plus, elle avait besoin de se sentir plus mise en valeur, de se voir sous un autre angle.

Elle était tout de même stressée à l’idée de sauter ce pas plus abouti. Le fait qu’on se soit rencontrés une première fois, qu’on ait beaucoup échangé sur le déroulement d’une séance, ainsi que sur ma façon de procéder et d’aborder le set (que ce soit les poses à adopter, les techniques de prise de vue mais surtout sur ses besoins), tout ceci m’a finalement permis de la rassurer.

Elle s’était également dit que le fait de « se mettre à nu » face à un inconnu pourrait être plus simple si c’était une femme plutôt qu’un homme. Pensant qu’une femme pourrait mieux la comprendre. Mais finalement poser devant moi ne l’avait pas plus mise en difficulté.

Son ressenti sur les photos

Après avoir montré ses photos à une copine, celle-ci lui a demandé si elle avait souhaité faire des retouches.  Elle lui expliqua alors qu’au début c’était ce qu’elle désirait, mais j’avais fini par la convaincre de changer d’avis.

Si sa démarche était de se trouver belle, alors ça devait passer par le fait de s’accepter comme elle était, sans « tricherie », afin de se voir telle qu’elle était, y compris avec ses imperfections.

Et paradoxalement, c’est mon coté perfectionniste qui m’aide a toujours pousser plus loin mon soucis du détail, et le courage du modèle dans sa démarche.

Mon parti pris est de faire le moins de retouche possible, afin de conserver ce coté naturel et authentique de la personne et coller à l’aspect thérapeutique de cet exercice qui a pour but comme je le disais, de s’accepter comme elle est. L’objectif ici n’est pas de faire la photo instagrammable, lissée, parfaite et « standardisée ».

Avant cette séance, la volonté d’Emilie était d’accepter ce nouveau corps qu’elle ne reconnaissait plus.

Depuis cette expérience, elle parvient à se voir avec bienveillance, à accepter son corps tel qu’il est, et même, à se le réapproprier.